RSSI v2026 – Chargement en cours
Des idées de positionnement et d’actions pour les RSSI en 2026.
La version 2.5 de notre Kit RSSI désormais disponible en téléchargement sans RDV
Contexte
L’année 2026 marque un tournant pour de nombreuses organisations en France. La directive NIS2 sort progressivement du cadre théorique pour entrer dans une phase d’application concrète. Audits, exigences de gouvernance et responsabilités renforcées commencent à se matérialiser. Pour les RSSI, le sujet n’est plus “à anticiper”, mais bien à piloter opérationnellement, avec des attentes fortes de la part des directions.
En parallèle, les systèmes d’information se transforment à une vitesse inédite sous l’effet de l’IA. Assistants, copilotes, agents autonomes : les usages se multiplient, souvent sans cadre clair. Les métiers avancent vite, parfois trop vite pour la sécurité. Le SI devient plus diffus, plus dynamique, et beaucoup moins prévisible qu’il ne l’était encore il y a quelques années.
Dans le même temps, les menaces cyber s’industrialisent. Les attaques sont mieux outillées, plus rapides à lancer et plus faciles à reproduire. L’IA permet d’automatiser des phases entières d’attaque, du repérage à l’exploitation. Ce qui relevait autrefois d’acteurs très spécialisés devient accessible à un plus grand nombre, augmentant mécaniquement la pression sur les équipes de défense.
Problème
La directive NIS2 introduit de nouvelles exigences de gouvernance, de pilotage et de justification. Pour beaucoup d’entreprises, la pression redescend directement sur les RSSI, chargés de démontrer la conformité dans des délais contraints. Le rôle évolue : moins d’intention, plus de preuves. Chaque décision doit désormais être formalisée, tracée et défendable face aux auditeurs et aux autorités.
Les usages de l’IA explosent dans les entreprises, bien au-delà des projets officiellement encadrés. Agents professionnels, outils personnels, automatisations bricolées : tout se mélange. Les frontières entre IT, shadow IT et usages métiers deviennent floues. Pour le RSSI, cela bouleverse les pratiques de sécurité existantes, conçues pour des systèmes plus statiques et plus prévisibles que ces nouveaux environnements pilotés par l’IA.
L’IA change aussi le profil des attaquants. Des acteurs peu expérimentés deviennent rapidement efficaces grâce à des outils automatisés capables de générer du code, des scénarios d’attaque ou des campagnes crédibles. Des incidents auparavant mineurs peuvent ainsi dégénérer en crise majeure. Cette montée en compétence rapide rend la détection plus complexe et réduit fortement le droit à l’erreur pour les équipes de sécurité.
Proposition d’étapes
La première étape pour le RSSI en 2026 consiste à mettre à jour l’analyse de risques cybersécurité en intégrant explicitement l’IA. Les scénarios classiques ne suffisent plus : agents autonomes, modèles externes, dépendances fournisseurs et usages métiers doivent être pris en compte. Il ne s’agit pas de refaire un document pour la forme, mais d’actualiser réellement la compréhension des risques. Cette analyse sert de socle à toutes les décisions suivantes : priorités, budgets, arbitrages et discours managérial. Sans ce travail de fond, le reste devient vite décoratif.
Une fois l’analyse de risques mise à jour, elle doit être présentée formellement au COMEX. L’enjeu n’est pas le débat technique, mais la preuve de gouvernance. Ordre du jour, supports validés, compte rendu et décisions actées : tout doit être tracé. En 2026, avec la NIS2, il ne suffit plus d’avoir travaillé le sujet, il faut démontrer qu’il a été porté au plus haut niveau. Cette formalisation protège le RSSI autant que l’entreprise, en établissant clairement qui a été informé, quand, et sur quelle base.
À partir de cette analyse formalisée, un plan d’action clair doit être décliné pour 2026. Rien d’exceptionnel dans la forme, mais une exigence accrue sur le fond : actions priorisées, responsables identifiés, jalons datés. Ce plan sert de colonne vertébrale au pilotage cyber de l’année. Il permet au RSSI de sortir du mode réactif et de structurer les efforts face à la NIS2 et à l’IA. Sans ce cadre, les équipes s’épuisent à traiter l’urgence, au détriment de la maîtrise globale du risque.
En parallèle, le RSSI doit participer activement à la revue ou à la formalisation de la stratégie IA de l’entreprise. Trop souvent, ces sujets avancent sans cadre sécurité explicite. En 2026, ce n’est plus tenable. Il s’agit de clarifier les usages autorisés, les dépendances aux fournisseurs, les données manipulées et les responsabilités. Cette démarche n’a pas vocation à freiner l’innovation, mais à l’inscrire dans un cadre maîtrisé. Sans position claire sur l’IA, le RSSI subit les choix technologiques au lieu de les accompagner.
La transformation ne peut pas reposer uniquement sur le RSSI. L’équipe cyber doit monter en compétence sur les usages et les risques liés à l’IA. Cela passe par de la veille ciblée, des formations pragmatiques et des retours d’expérience concrets. Comprendre comment fonctionnent les agents, où circulent les données et quels sont les points de rupture devient indispensable. Sans cette montée en maturité collective, l’IA restera soit un angle mort, soit un sujet anxiogène mal maîtrisé. En 2026, la crédibilité du RSSI passe aussi par celle de son équipe.
Enfin, les procédures de gestion de crise cyber doivent être mises à jour pour intégrer les scénarios liés à l’IA. Fuite de données via un agent, décision automatisée incontrôlée, dépendance critique à un service externe : ces situations n’étaient pas prévues dans les plans existants. Il ne s’agit pas de tout réécrire, mais d’adapter les réflexes, les chaînes de décision et les rôles. Tester ces scénarios à froid permet d’éviter l’improvisation le jour J. En 2026, une crise cyber impliquant l’IA sera jugée sur la préparation, pas sur les excuses.
Recommandations
En 2026, disposer d’une analyse de risques cybersécurité formelle n’est plus une option. Elle doit être structurée, documentée et mise à jour, en intégrant explicitement les usages de l’IA. Cette analyse sert de socle à la conformité NIS2, mais aussi à la crédibilité du RSSI. Sans elle, les décisions manquent de cohérence et deviennent difficiles à défendre face aux auditeurs, à la direction ou aux autorités.
Il est indispensable de suivre de près les évolutions liées à l’IA, en particulier celles autour des agents. Les annonces se succèdent, les capacités évoluent vite et les usages métiers s’adaptent encore plus rapidement. Pour le RSSI, rester à jour n’est pas un luxe intellectuel, mais une nécessité opérationnelle. Comprendre ce qui arrive permet d’anticiper les risques, d’éviter les réactions tardives et de conserver un rôle d’éclaireur plutôt que de pompier.
Il ne faut plus sous-estimer les attaquants dits “juniors”. Grâce à l’IA, des profils peu expérimentés disposent désormais d’outils capables de produire du code, d’orchestrer des attaques ou de contourner des contrôles basiques. Le niveau moyen des attaques monte mécaniquement. Pour le RSSI, cela signifie moins de signaux faibles et plus de situations à fort impact. La préparation, la détection et la réaction doivent être pensées pour ce nouveau niveau de menace, sans nostalgie des modèles d’attaque d’hier.
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Conclusion
Le RSSI en 2026 évolue dans un environnement plus exigeant que jamais. Entre la NIS2, l’industrialisation des menaces et l’irruption massive de l’IA, le rôle gagne en visibilité, mais aussi en responsabilité.
La formalisation devient centrale : analyses de risques, décisions tracées, plans d’action assumés. Il ne s’agit pas de tout contrôler, mais de démontrer une gouvernance claire et cohérente.
Ceux qui prendront ce virage renforceront leur légitimité. Les autres subiront. 2026 ne sera pas une année d’intentions, mais une année de preuves.
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